Devenir pilote de ligne : un challenge à 130 000 €

Beaucoup d’entre nous prennent l’avion plusieurs fois pas an. Mais qu’en savons-nous sur les pilotes d’aujourd’hui ? Etudes au minerval accablant, entretiens d’embauche payants et autres surprises font de ce métier un véritable défi financier. 

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Il y a quelques temps, j’ai été contactée sur ma page Facebook par une personne qui souhaitait que j’écrive un article sur les difficultés à devenir pilote aujourd’hui. Au départ, j’ai un peu hésité, car j’aime écrire sur des sujets que j’ai moi-même testés. Et finalement, je me suis dit que le sujet était intéressant et donc, pourquoi m’en priver ?

J’ai alors interviewé plusieurs jeunes pilotes diplômés afin qu’ils m’expliquent ce que la plupart des gens ignorent sur leur parcours. Voici ce qu’ils m’ont appris.

Un minerval hors de prix

Selon mes sources, en fonction de l’école choisie, le prix des études varie entre 70 000 et 100 000€. Qu’est-ce qui justifie un montant si élevé ? « Louer un petit avion avec un instructeur, ça revient déjà à 200€ de l’heure. Donc, à l’année, ça monte vite », m’explique un jeune diplômé. « Ce qui justifie aussi ce prix élevé, m’explique un autre pilote, c’est que, en fonction de l’établissement choisi, un voyage de 5-6 mois aux Etats-Unis est prévu ».

En fonction des écoles, les examens représentent un coût supplémentaire. Un des pilotes que j’ai interviewé estime qu’ « Il faut compter 1 200€ pour une demi-heure d’examen. » Une somme considérable. « Pour faire face à tous ces frais, nous étions beaucoup à devoir faire un emprunt à la banque », m’avoue-t-il.

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Des entretiens d’embauche payants

Le plus souvent, quand on veut devenir pilote de ligne, il faut payer pour passer un entretient d’embauche. « Il m’est déjà arrivé de payer 350€ pour passer un entretient », me raconte un pilote. « En plus, il avait lieu à l’étranger. J’en avais, en plus, pour 200€ de frais de déplacement. Finalement, je n’ai même pas été pris », me confie-t-il.

Et pour ceux qui ont la chance d’avoir brillé lors de l’entretient, il faut encore suivre une formation que les compagnies les plus low cost font payer. L’un de mes amis pilote me dit : « J’ai dû débourser 30 000 € supplémentaires ».

Un diplôme pas reconnu

Ceux qui ont réussi à trouver un travail dans leur domaine sont soulagés, même s’ils commencent leur vie avec une dette de 100-130 000 € au dessus de leur tête. Ils peuvent désormais exercer le métier de leurs rêves.

Mais pour ceux qui n’arrivent pas à être engagés, c’est la catastrophe : « Cela fait un an et demi que je cherche du travail et que je n’arrive pas à être engagé par une compagnie », me raconte un jeune homme. « Seulement 50% des élèves de ma classe ont réussi se frayer une place dans l’aviation. Le pire, c’est que si l’on veut trouver un travail dans un autre domaine, notre diplôme n’a pas de poids. Je ne peux solliciter qu’à des jobs qui ne requièrent autres diplômes que le CESS. Mon diplôme est comparable à un permis de conduire ».

 

Rebecca Dreisziger

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